Martine Zohar "Ma vie en Israël à la lumière des pins parasols"

 théâtre et coexistence:
 Comment améliorer les relations judéo-arabes par le moyen du théâtre
"Par le moyen des exercices théâtraux, nous traverserons des situations
inspirées de la vie quotidienne et imprégnées par le manque de
tolérance, les préjugés, l’ignorance de la différence de
l’autre et de son étrangeté.D’autre part, nous vérifierons la
structure des préjugés et leur constitution lorsqu’ils prennent leurs
racines dans la religion, la culture et les traditions de ces deux
communautés en conflit."
"Notre
spécialité était fondée sur la rencontre personnelle et intime.
Un lieu où chacun pouvait révéler et dévoiler son âme. Nous
insistions sur le fait que la rencontre n’était pas d’ordre
politique, elle s’orientait toujours vers une création artistique
et donnait la possibilité de mieux connaître l’Autre."

Commentaires

1. Le mardi, juillet 13 2010, 13:41 par Ouvertures, la tribune de l'honnête homme

Ma Vie en Israël À la lumière des pins parasol Martine Zohar Éditions Persée
Enfin un livre « humain », c’est-à-dire sensible et sans parti pris, sur le Moyen-Orient et le conflit israélo-palestinien ! C’est un parfum de paix qui accompagne le lecteur tout au long des pages, même si l’auteure ne lui épargne pas la crudité des événements.
Lors de brefs séjours effectués dès 1972, la parisienne Martine Zohar s’est lentement familiarisée avec Israël et la langue avant d’y rejoindre son époux en 1987.
Elle témoigne de sa découverte et analyse son vécu en tant que nouvelle immigrante. Elle dresse une série de portraits où s’entrecroisent différents arrivants, religieux et laïques, Juifs et Arabes, athées ou anarchistes. Cette vie fut ponctuée d’épisodes de violences mais aussi d’éclats de rire, avec des artistes engagés qui poursuivent leur rêve – au moyen du théâtre et de l’art – d’une meilleure coexistence entre Israël et Palestine. Martine Zohar a exercé le métier d’assistante sociale à Paris. Directrice de centres de la médecine du travail, elle y anima des équipes de médecins. Également spécialiste de l’interprétation des rêves depuis sa jeunesse, elle a poursuivi des études approfondies en psychologie. Son mari Ouriel est directeur du Théâtre du Technion à Haïfa (Israël).
Heureusement, le contenu de l’ouvrage est plus touchant et plus riche que son titre…

2. Le mardi, juillet 13 2010, 13:50 par Ben

Comment comprendre le Mur de Jérusalem ?
Comment clarifier, chacun pour soi, sa position à l’égard du conflit judéo-palestinien ?
On peut certes sombrer, par implication affective, adhésion idéologique ou facilité intellectuelle, dans la simplification à outrance : les méchants sionistes, soldats avancés du capitalisme occidental contre les gentils arabes expulsés de leurs terres ; ou, à l’inverse, défense légitime du petit peuple juif contre sa négation, cerné qu’il est par le terrorisme islamiste.
On n’aura pas avancé d’un iota.
On peut aussi aller sur le terrain pour se faire une idée concrète de la mosaïque moyen-orientale.
C’est à cette plongée dans le réel que nous convie, post mortem, Martine Zohar dans un livre paru en 2009 aux Editions Persée (1), Ma Vie en Israël à la Lumière des Pins parasols.
Ce récit autobiographique raconte avec sensibilité et clarté le parcours d’une française juive, ex assistante sociale à Paris, qui fait son alya en Israël après sa rencontre et son mariage avec un metteur en scène de Haïfa, Ouriel Zohar.
L’originalité du propos tient à ceci : Ouriel est depuis toujours un militant actif et engagé du dialogue et du rapprochement entre palestiniens et israéliens, arabes et juifs au sémitisme commun, par le biais de l’art et du théâtre. C’est le sens de sa vie, et l’on imagine sans mal les multiples difficultés de ce choix dans une région en guerre larvée ou déclarée : nationalismes exacerbés, paranoïas foisonnantes, jeux et enjeux politiques internationaux.
Et peut-être est-ce la mixité des langues parlées sur scène (arabe et hébreu) et dans la vie, celle des auteurs, des metteurs en scènes et des acteurs, celle, au delà, des mariages et des Etats qui est le chemin à long terme de la solution. Les chapitres du livre, courts, lumineux et simples, sont faits de rencontres, de repas, de promenades, de rêves,de souvenirs, d’anecdotes, d’observations, de portraits vite jetés sur le papier, croquis aux traits justes qui ne sont jamais pesants. Ils brossent une peinture pointilliste de cette société dans ses contradictions multiples, ses joies sans pareil et ses angoisses de mort.
Oh non, rien n’est simple ici !
C’est que, comme dit la Bible, "la terre d’Israël est comme une mère qui dévore ses enfants".
"Au moment de la Guerre du Golfe, je découvrais et constatais avec stupéfaction qu’un goût pour le morbide sommeillait au fond de tout citoyen israélien. Ne parlons pas de leur attirance inconsciente pour les rôles de victime, sans doute seule attitude possible pour supporter les insupportables douleurs et souffrances durant les siècles de persécution. Seule une subtile analyse transactionnelle appliquée aux Etats permettrait de clarifier ces comportements inconscients. Mais aussi les psychologues connaissent bien le fine distinction qui existe entre le rôle de persécuteur et celui de persécuté. Il n’est pas nécessaire de rappeler ici les cas des enfants battus à qui l’on ne pourra jamais demander de devenir de bons et d’honorables parents. En eux, sont inscrites les marques indélébiles de la souffrance et du manque d’amour. Ils ne pourront jamais donner ce qu’ils n’ont pas reçu, c’est à dire de l’amour. Ainsi en est-il en Israël. Pourquoi demander et attendre de la part de ce peuple trop longtemps persécuté d’être meilleurs que les autres et ceci présisement à cause de ces souffrances ?"
Faut-il donc désespérer ? Non, car, comme le disait David Ben Gourion, "celui qui ne croit pas au miracle n’est pas réaliste !"
Mais il faut aider les miracles à se réaliser. Lisez donc le livre de Martine Zohar, c’est une bonne introduction à une connaissance du réel et des espoirs de la région, en un temps et des lieux qui en comptent si peu.
Ben